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Apologie du terrorisme: le PJD fera appel du verdict contre ses sept membres condamnés

14 juillet 2017 13:46
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Apologie du terrorisme: le PJD fera appel du verdict contre ses sept membres condamnés

JUSTICE - Consternation. Après une longue audience, jeudi 13 juillet, entamée en début d'après-midi, à l’annexe de la cour d’appel de Salé, le juge annonce le verdict vers 23h. Les sept membres de la jeunesse du PJD sont reconnus coupables pour apologie de l’acte terroriste de l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie le 19 décembre 2016 à Ankara.

Lavés de l’accusation d’incitation au terrorisme, qui pesait également contre eux, ils sont condamnés à un an de prison ferme assortie, pour chacun, d’une amende de 10.000 dirhams.

Des cris, des pleurs, les familles, proches, amis et membres du parti présents sont choqués. Selon des témoins sur place contactés par le HuffPost Maroc, l’espoir d’un acquittement était, pourtant, grand. "Au fur et à mesure que l’audience se déroulait, que les avocats se relayaient, nous ressentions que les membres de la cour étaient presque convaincus des arguments de la défense", nous explique-t-on.

La défense, depuis le début de l'instruction de l’affaire, a surtout cherché à convaincre de l’inadéquation de la loi pour laquelle les prévenus sont accusés avec les faits qui leurs sont reprochés. Pour les avocats, les sept jeunes ne devaient pas être poursuivis en vertu de la loi antiterroriste, mais du code de la presse et de l’édition. Pour preuve, ils soulignent que leurs clients ont "commis un délit en tenant des propos déplacés sur les réseaux sociaux". Ce qui, ajoutent-ils, "ne peut être assimilé au terrorisme".

Est-ce que le code de la presse et de l’édition doit être réservé aux professionnels des médias? C’est la question qui a été débattue depuis le début de l’affaire, il y a de cela six mois. "Le code de la presse et de l’édition n’est pas réservé aux journalistes professionnels, comme le pense le parquet, il comporte des closes destinées aux publications de quiconque. Le citoyen peut écrire et publier sur un journal ou autre sans être pour autant un professionnel", a constamment soutenu la défense cherchant le moyen d’alléger les charges contre ses clients.

Ce code ne prévoit pas, en effet, des peines privatives de liberté, mais uniquement des amendes en cas d’apologie d’un acte terroriste. Cependant, la justice n’a pas été convaincue pour autant.

"Nous ferons appel du verdict, aujourd’hui", déclare au HuffPost Maroc le secrétaire général de la jeunesse Pjdiste, Khalid El Boukariî. Abattu par le verdict, comme l’ensemble de son équipe, mais aussi les membres du PJD, ce responsable a préféré ne faire aucune déclaration se contentant de nous annoncer, ce matin, que la procédure d’appel sera lancée aujourd'hui.

Sur Facebook, les membres du PJD expriment une déception collective, à commencer par l’avocat Abdessamad Idrissi qui a représenté ces jeunes. Il a posté, tout de suite après le verdict, le message suivant sur sa page: "La condamnation reste exagérée… C’est triste".

La députée Pjdiste Amina Maelainine, elle, rapporte sur sa page Facebook les impressions du "zaim" Abdelilah Benkirane: "Dans la politique, il n’y a pas d’assurance tout risque. Les jeunes ont payé la taxe du militantisme, aujourd’hui, alors qu’ils sont à la fleur de l’âge. Tous des gens ordinaires dont certains ont perdu leur travail, un autre a laissé sa femme enceinte accoucher sans lui, d’autres ont laissé des enfants et une famille sans ressource...".

Un "sacrifice" que Benkirane salue avec un ton paternaliste, partageant la douleur des parents et familles des détenus qui étaient venus le voir, il y a deux mois, pour venir au secours de leurs fils en grève de la faim. Amina Maelainine a souligné, toujours sur sa page, être convaincue de "l'innocence" de ces jeunes, appelant à ne jamais renoncer à l'espoir.

Parmi les membres du parti qui ont également réagi, figure l’ancienne ministre Soumia Benkhaldoune qui a partagé ce sentiment de tristesse appelant à "la nécessité de poursuivre la solidarité jusqu’à l’acquittement. L’affaire n’est pas encore terminée".

Lire aussi: Sept adolescentes marocaines condamnées pour terrorisme

Source: huffpostmaghreb.com

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