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Commission de l'UA: qui sont les candidats à la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma

26 janvier 2017 18:15
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Commission de l'UA: qui sont les candidats à la succession de Nkosazana Dlamini-Zuma

Cinq candidats sont en lice pour succéder à Nkosazana Dlamini-Zuma à la présidence de la Commission de l'Union africaine. Qui sont-ils? Qui sont leurs soutiens? Que pensent-ils du retour du Maroc à l’UA ? Éléments de réponse.

Addis-Abeba, la capitale éthiopienne accueille du 30 au 31 janvier le 28e sommet des chefs d'États de l'Union africaine (UA). Une réunion durant laquelle ils éliront l’homme ou la femme qui succédera à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine (secrétariat de l'UA). Ce poste stratégique au sein de l'Union africaine est convoité par cinq candidats: le Sénégalais Abdoulaye Bathily, la Kenyane Amina Mohamed, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, l’Équatoguinéen Agapito Mba Mokuy et le Botswanais Pelonomi Venson-Moitoi. Focus sur ces cinq personnalités qui pourraient influer sur le traitement du dossier du Sahara.

La diplomate botswanaise était déjà présente lors de la précédente élection à Kigali. Elle compte sur son expérience de quatre décennies dans des postes à responsabilité au sein de la fonction publique botswanaise. Avant d'être nommée au ministère des Affaires étrangères, elle a tenu les portefeuilles du transport, de la Communication, du Travail, et a dirigé le ministère de la Science et de l'Éducation.

-Mettre en oeuvre l’Agenda 2063 adopté il y a quatre ans avec l’ambition de transformer l’Afrique en un continent "fort, prospère, pacifique et solidaire" au cours des cinquante prochaines années.

-Faire du rôle du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) le bras de développement de la Commission de l’Union africaine.

Ses soutiens: Pour être élue, elle compte sur les soutiens des 15 pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) dont son pays fait partie.

Retour du Maroc à l'UA : Lors d'une visite à Rabat le 3 janvier, Venson-Moitoi a affirmé que son pays soutenait le retour du Maroc à l’Union africaine. "Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous parviendrons à minimiser les obstacles entravant la quête de bonnes opportunités de vie pour nos peuples", a-t-elle déclaré à la presse à l’issue de son entretien avec Salaheddine Mezouar le ministre des Affaires étrangères.

Ses chances: En juillet dernier à Kigali, elle n'avait pas réussi à obtenir deux tiers des voix lors du 2e tour du scrutin. De nombreux États jugeaient qu'elle et ses concurrents "manquaient d’envergure".

Contrairement à ces concurrents, il n'est pas chef de diplomatie de son pays le Sénégal. Mais "sur le plan diplomatique, sur le terrain de l’expérience, en termes de carnet d’adresses international, il pèse lourd" décrit Maurice Mahounon rédacteur en chef à Radio Bénin, analyste et spécialiste des relations internationales. Le prétendant sénégalais, en plus d'être le chef du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale, a également effectué un passage à la mission onusienne au Mali (Minusma). Au Sénégal, il fut ministre de l’Environnement, candidat à la présidentielle de 2007, vice-président de l’Assemblée nationale, puis ministre d’Etat auprès du président Macky Sall en 2012.

-Transformer l’Union africaine des États en "une Union africaine des peuples"

-Optimiser les ressources collectives et bâtir une Commission de l’UA efficace.

Ses soutiens: Le diplomate sénégalais a officiellement le soutien de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) "même si le bloc ouest-africain est plus divisé qu’il n’y paraît", souligne Jeune Afrique. Un exemple qui illustre cette division: le Togo, qui est membre de la Cedeao, soutient officiellement la candidate kenyane Amina Mohamed.

Hormis la Cedeao le candidat sénégalais a les faveurs du Maroc, puisqu'il est "proche du président Macky Sall dont on connaît la proximité avec le Maroc", nous expliquait Brahim Fassi-Fihri, président de l'institut Amadeus. Mais le candidat sénégalais s'en défend. "Le président de la commission n’est pas là pour appliquer la politique de son pays, pas plus que la politique d’un autre pays. D’ailleurs, lorsqu’il entre en fonction, il prête un serment qui lui fait obligation de neutralité par rapport à la position de son pays ou de tout autre pays" a-t-il déclaré dans un entretien accordé à RFI.

Retour du Maroc à l'UA: Invité à se prononcer sur les risques de perdre les soutiens de l'Algérie et de l'Afrique du Sud (deux poids lourds de l'UA) après le soutien du Sénégal à la suspension de la RASD, le diplomate chevronné a fait savoir "qu’aujourd’hui le retour du Maroc n’est pas conditionné et ne peut pas être conditionné à cette question. (...) C’est très clair maintenant".

Ses chances: Il est présenté comme l'un des favoris. "Ce qui pèse aussi en sa faveur c’est que le Sénégal, contrairement à l’Afrique du Sud et le Nigéria, n’est pas un "grand pays" d’Afrique. Or, selon un principe non écrit, la présidence de la Commission doit être tournante au niveau des communautés économiques régionales d’une part, mais la présidence doit aussi alterner entre grand et petit pays. C’est comme ça que le Gabon avec Jean Ping avait pris la tête de la Commission en 2008, avant l’Afrique du Sud en 2012 avec Zuma", nous explique Maurice Mahounon.

C'est l'un des piliers du système du président Idriss Déby Itno, et l’un de ses plus anciens ministres. Il a également été Premier ministre du pays 2003 à 2005.

Ses soutiens: Le candidat tchadien a le soutien de certains pays de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (Ceeac) et d'autres d’Afrique de l’Ouest. Il a également le soutien de l'Algérie. Selon Le Monde, sa candidature a été présentée à la dernière minute "sur pression d’une puissance africaine redoutée dans le Sahel" qui n'est autre que "l’Algérie". Le chef de la diplomatie tchadienne a donc été choisi par les adversaires du Maroc pour contrer la candidature du Sénégalais Abdoulaye Bathily perçue comme "un montage et un cheval de Troie du Maroc" toujours selon le média français.

Retour du Maroc à l'UA: "Je suis pour, bien entendu. Le Maroc est un État africain. C’est une bonne décision", a-t-il déclaré dans une interview accordée à RFI. Dans cette dernière il s'est également prononcé sur l'absence du Tchad parmi les 28 États qui ont signé la pétition pour demander la suspension de la RASD. "Ce n’est pas la démarche. Je crois que juridiquement parlant, tout État africain a la possibilité d’adhérer à l’Union africaine. Toute démarche doit respecter les principes et les procédures" a-t-il indiqué.

Ses chances : Invité de dernière minute, il sera le poil à gratter de cette élection. Sa candidature a "surpris les dirigeants africains et a donné du fil à retordre au camp ouest-africain pour lequel la victoire de son candidat [Abdoulaye Bathily] semblait acquise" selon RFI.

À 56 ans, elle se définit comme "une négociatrice coriace, mais juste". Amina Mohamed est à la tête du ministère des Affaires étrangères de son pays depuis 2013. "J’ai des compétences en management, je suis avocate de profession et j’ai déjà négocié de nombreux accords. Cela fait 30 ans que je travaille pour mon pays", confiait-elle dans une interview accordée à RFI.

Diplomate, elle a aussi occupé le poste de représentante auprès de la mission permanente du Kenya aux Nations unies à Genève de 2000 à 2006. Elle a également été la directrice adjointe du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).

-Faire de l’Afrique l'une des premières "destinations des investissements étrangers"

Selon elle, une plus grande libéralisation des mouvements devrait permettre d'accélérer considérablement le développement du continent.

Ses soutiens: La chef de la diplomatie kenyane a le soutien des huit pays de l'Est du continent membres de l’Igad (Autorité intergouvernementale sur le développement) et des 6 membres de l'EAC (Communauté des États de l'Afrique de l'Est) dont son pays fait partie. Elle a aussi le soutien du Togo (Afrique de l'Ouest).

Retour du Maroc à l'UA : "C’est très clair. Le Kenya l’a mis par écrit. Nous soutenons le retour du Maroc, sans condition. Nous avons un Acte constitutif. Tous les États doivent s’en tenir à cette charte". C'est la déclaration faite par la chef de la diplomatie kenyane le 26 janvier au siège de l’UA.

À noter qu'Amina Mohamed avait publié en début décembre 2016 sur son compte Twitter une photo de sa rencontre avec un haut responsable du Polisario. Invitée à donner sa position sur l'exclusion de la RASD de l'UA, elle a botté en touche. "Écoutez, je ne peux vraiment pas aller plus loin sur ce sujet. Je ne peux pas parler de ça", a-t-elle répondu à nos confrères de RFI.

Ses chances : C'est l'une des favorites au poste de présidente de la Commission africaine. Toutefois, RFI pense que son soutien au Front Polisario "pourrait se révéler préjudiciable à sa candidature" alors que de plus en plus de pays africains demandent la suspension de la RASD de l’Union africaine.

Ce diplomate qui parle couramment cinq langues a également été en poste pendant deux décennies à l’Unesco où il a occupé de hautes responsabilités. Il est également passé par le Pnud. Il est soutenu par le président équatoguinéen Teodoro Obiang dont il est également conseiller aux affaires africaines depuis 2010.

- Renforcer la coopération avec les partenaires externes de l'organisation.

Il a également pointé du doigt, lors du débat télévisé entre les candidats à la tête de l'Union africaine (UA), l'attitude de certains États-membres qui "s'acquittent de leurs cotisations dans les autres instances, mais traînent des pieds quand il s'agit de l'organisation continentale mère".

Ses soutiens: Il partage avec le tchadien Moussa Faki Mahamat les soutiens des pays membres de la Ceeac qui compte 11 membres, dont son pays.

Retour du Maroc à l'UA: Si le candidat ne s'est pas officiellement exprimé sur la question, son pays (Guinée Equatoriale) figure parmi les 28 qui ont signé la motion pour "réclamer la suspension des activités de la RASD" au sein de l’Union africaine.

Ses chances: Déjà candidat en juillet 2016 à Kigali où il a été éliminé au deuxième tour du scrutin, il n'est pas sûr qu'il ait réussi à convaincre les chefs d'États africains en 6 mois.

Source: telquel.ma

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