Recevez les dernières nouvelles mises à jour continuellement sur les sujets les plus suivis avec NewsHub. Installez-le maintenant.

L'OSDH annonce que le chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi est mort

11 juillet 2017 12:37
19 0
L'OSDH annonce que le chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi est mort

Souvent l'objet de rumeurs, la mort du chef du groupe terroriste Etat islamique serait confirmée selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a affirmé ce mardi détenir des informations de hauts responsables du groupe jihadiste Etat islamique (EI) confirmant la mort de leur chef, Abou Bakr al-Baghdadi.

«De hauts responsables de l’EI présents dans la province (syrienne) de Deir Ezzor ont confirmé l’OSDH la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, émir de l’EI», a déclaré à l’AFP le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane. «Nous l’avons appris aujourd’hui mais nous ignorons quand ou comment il est mort».

Plus tôt ce matin, une source interne à Daesh citée par la chaîne de télévision irakienne Al Sumaria, rapportait déjà cette information. Un successeur lui aurait été désigné même si son nom n'est pas encore connu.

Plusieurs fois au cours de ces derniers mois, Abou Bakr al-Baghdadi, a été annoncé mort ou "probablement mort". Ainsi, en juin dernier, l'armée russe affirmait avoir "probablement tué" le chef de l'Etat Islamique lors d'une frappe menée fin mai par son aviation qui visait Raqa, une ville de Syrie considérée comme la capitale du groupe terroriste. À ce stade, on ne sait pas si c'est lors de cet événement que la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi est intervenue.

Abou Bakr al-Baghdadi, de son vrai nom Ibrahim Awad Ibrahim Ali Al-Badri, est apparu pour la première fois à Mossoul le 3 juillet de 2014. Il avait alors proclamé le "califat islamique" au Proche-Orient, tout en ordonnant aux musulmans de lui "obéir".

Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a perdu dimanche son fief de Mossoul, n’a plus donné signe de vie depuis huit mois. Ses partisans l’appellaient «le fantôme» tant ses apparitions étaient rares.

Le 16 juin, la Russie annonçait avoir probablement tué Abou Bakr al-Baghdadi dans un raid fin mai de son aviation près de Raqa en Syrie. Elle a ensuite souligné qu’elle continuait de vérifier s’il était bien mort, alors qu’aucune autre source n’a confirmé son décès. Depuis 2014, des rumeurs et des informations sur la mort du chef de l’organisation jihadiste la plus redoutée au monde, ont régulièrement circulé. Mais elles n’ont jamais été confirmées.

La dernière manifestation d’Abou Bakr al-Baghdadi relayée par un média affilié à son groupe, remonte à novembre 2016. Il était alors sorti d’un an de silence pour exhorter, dans un enregistrement sonore, ses hommes à résister jusqu’au martyre à l’assaut des forces irakiennes lancé en octobre pour reprendre Mossoul.

Le chef de l’EI aurait quitté Mossoul début 2017, probablement pour la frontière irako-syrienne. Les Etats-Unis ont offert 25 millions de dollars pour sa capture. C’est à Mossoul qu’il a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri, détruite en juin avec son minaret par l’EI.

En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

Aujourd’hui, son «califat» vacille sous les offensives militaires, mais son groupe parvient à frapper avec des attentats sanglants à travers le monde. «C’est assez frappant de voir que le chef du groupe terroriste qui accorde le plus d’importance à l’image soit, lui, si discret», souligne Patrick Skinner, ex-officier traitant de la CIA, aujourd’hui analyste au Soufan Group.

De son vrai nom, Ibrahim Awad al-Badri, Abou Bakr al-Baghdadi était un garçon «introverti, pas très sûr de lui», raconte à l’AFP la journaliste Sofia Amara, auteure d’un documentaire sur son parcours. Il serait né en 1971 dans une famille pauvre de Samarra, au nord de Bagdad. Il a eu quatre enfants avec sa première femme puis un fils avec sa deuxième femme. L’une d’elles le décrit comme un «père de famille normal».

Ce passionné de football rêvait d’être avocat, mais ses résultats scolaires insuffisants ne lui ont pas permis de suivre des études de droit. Il a également envisagé de s’engager dans l’armée, mais sa mauvaise vue l’en a empêché. Il a finalement étudié la théologie à Bagdad. «Il donne l’impression d’un homme qui n’est pas brillant, mais patient et bosseur», explique Sofia Amara. «Il avait une vision en amont assez claire de là où il voulait aller et de l’organisation qu’il voulait créer. C’est un planificateur secret».

Son passage en 2004 dans la prison irakienne de Bucca s’avèrera décisif.

Après avoir créé au moment de l’invasion américaine de 2003 un groupuscule jihadiste sans grand rayonnement, al-Baghdadi est arrêté en février 2004 et emprisonné à Bucca. Cette immense prison, où se côtoient dignitaires déchus du régime de Saddam Hussein et la nébuleuse jihadiste sunnite, sera surnommée «l’université du jihad».

Peu à peu, «tout le monde s’est rendu compte que ce type timide, était un fin stratège», explique Sofia Amara.

Libéré en décembre 2004 faute de preuves, il fait allégeance à Abou Moussab al-Zarqaoui, qui dirige un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d’Al-Qaïda. Homme de confiance d’Abou Omar al-Baghdadi, un des successeurs de Zarqaoui, il prendra la relève à sa mort en 2010 sous le nom d’Abou Bakr al-Baghdadi, en référence à Abou Bakr, premier calife successeur du prophète Mahomet.

Il va intégrer dans ses rangs d’ex-officiers baassistes qui vont l’aider à transformer le groupe de guérilla en une redoutable organisation armée. Profitant de la guerre civile en Syrie, ses combattants s’y installent en 2013, avant une offensive fulgurante en Irak en juin 2014 où ils s’emparent d’un tiers du pays dont Mossoul.

Le groupe, rebaptisé Etat islamique, supplante Al-Qaïda, et ses succès militaires et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

Dans un enregistrement de mai 2015, al-Baghdadi exhortait les musulmans soit à rejoindre le «califat», soit à mener la guerre sainte dans leur pays. «L’islam n’a jamais été la religion de la paix», martelait-il. «L’islam est la religion de la guerre».

Source: sudinfo.be

Partager sur les réseaux sociaux:

Commentaires - 0