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«Je n’envisage d’autres résultats que la victoire face au Gabon»

7 octobre 2017 20:56
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«Je n’envisage d’autres résultats que la victoire face au Gabon»

Le Matin : Comment appréhendez-vous le match Maroc-Gabon prévu le 7 octobre comptant pour la cinquième journée des éliminatoires de la Coupe du monde, Russie 2018 ?Hervé Renard : On l’attend avec impatience.

Les joueurs, le staff, le public et toute une nation attendent cette rencontre. Je pense que c’est le match qui doit nous donner la chance de pouvoir effectuer une finale cruciale en novembre prochain, face à la Côte d’Ivoire, pour aller en Russie en 2018. Est-ce que vous avez travaillé sur l’équipe du Gabon, quels sont ses points forts et ses faiblesses ?Bien sûr qu’on a travaillé sur cette équipe. On a un responsable de la vidéo. On s’est penché attentivement sur les deux derniers matchs du Gabon contre la Côte d’Ivoire. Si on veut résumer, la caractéristique de cette équipe, c’est des individualités offensives et sa capacité à se projeter vite en contre-attaque. À quel genre de match vous attendez-vous samedi à 20 h face aux Panthères ?On s’attend à un match difficile contre une équipe qui joue aussi un match capital pour continuer à espérer. Je sais que dans cette poule, depuis qu’on a démarré, tous les matchs sont difficiles. C’est l’équipe qui sera la plus régulière, la plus forte psychologiquement, mentalement et la mieux armée pour répondre présent dans les derniers instants qui se qualifiera au Mondial. C’est à nous d’être prêts. Est-ce que vous envisagez un autre résultat que la victoire face au Gabon ?Je n’envisage jamais d’autres résultats que la victoire face au Gabon. Après, c’est le football qui décide. Quand on rentre sur n’importe quel terrain, c’est pour gagner. Parfois, on est sanctionné, comme ce fut le cas à Bamako. On va rentrer sur ce terrain pour gagner ce match et il faut absolument qu’on y parvienne. Toutes les listes sont difficiles à faire, mais celle-ci, qui concerne un match capital où la victoire est obligatoire, est-ce qu'elle a été plus dure à établir ?Non, c’est pareil. Quand on est sélectionneur depuis dix ans, on a un petit peu d’expérience et d’habitude. Les listes, ce n’est pas quelque chose de difficile à faire. Je suis ma ligne de conduite avec un groupe qui a une ossature. Après, on y ajoute quelques éléments qui parfois viennent une fois ou deux ou pour toujours. C'est aussi le joueur qui décide par rapport à son état d’esprit et à ses performances. À part le carton plein face au Mali lors de la troisième journée à Rabat, l’attaque marocaine est restée muette lors des trois autres matchs. Est-ce que c’est un problème qui vous inquiète avant ce Gabon-Maroc ?Non. Je sens des signaux positifs. On est capable aujourd’hui plus qu’il y a six mois d’être meilleur offensivement, grâce à l’apport de Hakim Ziyach et de notre organisation qui a changé un petit peu, grâce aussi aux individualités qu’on a aujourd’hui et qu’on n'avait pas forcément en Coupe d’Afrique. Je pense qu’on a un pouvoir offensif qui est plus important qu’il y a quelques mois. Donc vous êtes serein ?Je le suis toujours. J’ai la chance d’être le sélectionneur de l’équipe nationale du Maroc. J’ai la chance d’être encore en course pour la qualification. On va jouer le match contre le Gabon dans une ambiance exceptionnelle. À nous de la rendre encore meilleure que celle de la dernière fois à Rabat face au Mali (6-0). Après, on se penchera sur le reste, si on le mérite. Vous avez convoqué Mohamed Nahiri du WAC qui est en manque de compétition. Est-ce que vous avez privilégié son vécu international, puisqu’il a déjà été convoqué par le passé, ou existe-t-il d’autres raisons que vous seuls connaissez ?S’il est là, c’est parce que Hamza Mendyl est absent. Ce qui fait qu’à gauche, j’ai toujours des difficultés de trouver les profils auxquels j’aspire. Mohamed, ce que j’aime chez lui, c’est sa capacité à faire beaucoup d’effort et il a le pouvoir d’aller très vite. C’est un joueur capable de jouer dans tous les postes défensifs. Pour moi, c’est un atout supplémentaire. Il a la malchance de ne pas être qualifié en Ligue des champions avec son équipe, mais il a joué d’autres matchs de championnat. C’est un garçon qui, athlétiquement, est très fort. Il a aussi des progrès à faire techniquement. C’est un joueur qui répondra présent si je fais appel à lui. Vous avez parlé de difficultés à gauche. Avez-vous songé à rappeler Achraf Lazaar ?Il faudra lui poser la question. C’est vous le coach, c’est à vous de la lui poser ?Il faut lui poser la question s’il veut revenir en sélection, puisqu’il n’a pas voulu venir à la Coupe d’Afrique des nations 2017. Les gardiens de but (Munir Lamhamedi et Yacine Bounou) manquent cruellement de compétition et Ahmed Reda Tagnaouti est encore tendre pour ce genre de match. Est-ce que vous n’avez pas de crainte sur ce poste ?Aucune crainte. J’ai une confiance absolue en Munir. Il est dans cette situation dans son club depuis pas mal de temps. Mais il n’y a qu’à regarder nos statistiques dans les éliminatoires de la Coupe du monde. On n’a pas pris de but. Yacine Bounou est un deuxième choix qui a énormément de qualités. Il a une situation en club qui n’est pas facile, mais je pense que son potentiel est exceptionnel. Tagnaouti, je vais être franc avec vous, il est là parce que c’est lui qui a le plus grand potentiel au Maroc. Il est encore plus jeune. Il est promis à un bel avenir. Pour moi, c’est important aussi de me projeter dans l’avenir plutôt que d’appeler un garçon qui a 30 ans et quelques années et qui va disparaître dans deux ou trois ans. Cela ne m’apporterait pas grand-chose. Tagnaouiti est avec nous, c’est à lui de montrer qu’il ne sortira plus de cette sélection parce qu’il a quelque chose d’important à montrer. Donc vous vous inscrivez dans la longue durée avec la sélection nationale ?Oui. J’ai toujours travaillé comme ça. J’ai un contrat. Et ce n’est pas moi qui décide. Regardez Carlo Ancelotti, si on lui posait la question, il dirait qu'il s'était dans le temps, mais qu'on ne lui avait pas laissé le temps. Quand on est coach, on est tous logés à la même enseigne. On ne sait pas ce qui peut advenir après un match. Parfois, l’horizon semble bleu ciel et puis d’un seul coup, ça s’assombrit et tout bascule. C’est la vie qui est comme ça. Il ne faut pas se poser trop de questions. Il faut faire comme si on était là pour très longtemps. Mehdi Carcela n’est pas sur votre liste. Est-ce qu’il vous a déçu lors de sa prestation face au Mali à Bamako ?Ce n’est pas sa prestation face au Mali qui m’a déçu. À un moment donné, quand on vient en sélection pour être remplaçant, je pense que pour le joueur ce n’est pas facile de l’accepter. Moi parfois, j’essaye de créer un petit choc psychologique pour que, je l’espère, la sélection manque aux joueurs qui ne viennent pas. De façon à ce que le joueur ait encore plus envie de revenir et qu’on ne prenne pas l’habitude d’être là pour être là. C'est un peu le cas avec Carcela. Il a des qualités qui peuvent lui permettre d’être beaucoup plus performant avec nous. C’est à lui d’en prendre conscience. Et c'est le cas aussi de Soufiane Boufal ?Boufal a joué 10 minutes ce week-end et c’est à peu près tout ce mois-ci. À part lors de la trêve internationale du mois de septembre où il avait joué un match en tant que titulaire. Après, il n’a pas eu beaucoup de temps de jeu. Boufal est un garçon qui a besoin d’être bien physiquement et bien dans sa tête pour donner le meilleur de lui-même. Je le connais très bien, mieux que quiconque. Il faut le laisser se refaire une santé dans son club, regagner du temps de jeu et convaincre son entraîneur qui le fait peu jouer. De toute façon, il reviendra. Il n’y a aucun souci. Il a toutes les qualités pour revenir. C’est un message à tous ceux qui jouent moins dans leurs équipes. Avez-vous établi une nouvelle hiérarchie pour tirer les pénaltys après celui raté par Ziyach à Bamako ?Il n’y a rien à changer. Les plus grands joueurs au monde ont raté des pénaltys. Ce n’est pas un souci. Il en mettra d’autres. Il en mettra peut-être un, qui sera décisif, au mois de novembre face à la Côte d'Ivoire. Vous avez le mérite d’avoir demandé de programmer la rencontre face au Gabon à Casablanca. Est-ce que vous ne craignez pas la pression négative au cas où la sélection nationale ne prend pas le match par le bon bout face au Gabon ?Dans ce match, on n’a pas le choix. Soit on le réussit en le prenant par le bon bout, en montrant la même chose que ce qu’on avait fait la dernière fois à Rabat, et le public sera derrière nous à Casablanca. Soit on ne le prend pas par le bon bout, le public montrera son mécontentement et c’est à ce moment-là qu’il faudra être fort psychologiquement. Mais ça ne se produira pas puisqu’on va le prendre par le bon bout et on aura tout un public derrière nous. Venir jouer à Casablanca est un bon choix. On saura si j’ai eu raison après le match. Qu'avez-vous dit à Amine Harit pour le convaincre de porter le maillot national ?Pas grand-chose. C’est lui qui a pris la décision. J’ai discuté avec lui à mon arrivée en tant que sélectionneur du Maroc, c’est-à-dire il y a 18 mois. Il m’a dit qu’il voulait terminer les éliminatoires et faire le Championnat d’Europe des U19 avec la France. Je lui ai dit : «Quand tes échéances internationales avec la France seront terminées, tu me rappelles». Que peut apporter un joueur comme lui à la sélection nationale ?C’est quelqu’un capable de jouer dans l’entrejeu ou sur un côté. Il a de grosses qualités techniques. Je pense que quand on a 21 ans et qu’on réussit à s’imposer à Scalke 04 en Bundesliga, c’est qu’on a beaucoup de qualités. Il vient avec une grosse envie pour porter le maillot du Maroc, parce que c’est vraiment sa volonté. Moi j’ai argumenté, mais je n’ai pas eu beaucoup à faire. Je pense que c’est sa volonté de vouloir porter les couleurs du Maroc, c’est certainement aussi celle de sa famille. À l’avenir, ça va être un grand plus pour l’équipe nationale. Il faut également préparer l’avenir, car on a quelques joueurs qui commencent à prendre de l’âge. Je dois leur montrer que derrière, ça pousse et qu’il y a de jeunes prétendants. En parlant de joueurs qui commencent à prendre de l’âge, il y a le cas de Younès Belhanda. Qu’est-ce qui manque réellement à ce joueur pour signer des performances comme celles qu’il réussit en club ?Je l’ai trouvé très bon contre le Mali et il nous a manqué à Bamako. C’était le joueur qui a récupéré le plus de ballons face au Mali, selon les statistiques du match. Aujourd’hui, avec nous, il doit jouer encore un peu plus bas. Avec l’arrivée de Hakim Ziyech, j’ai pensé à les associer, car ils disposent de qualités différentes et seraient donc complémentaires. Je le défendrai toujours ! Peut-être que le grand public n’a toujours pas vu le vrai Younès Belhanda, puisqu’il se complique parfois la vie dans le jeu, mais il dispose d’énormes qualités. Beaucoup de supports ont évoqué un contact avec Adel Taârabt. Est-ce que vous l’avez réellement appelé ?Effectivement, je l’ai appelé pour le féliciter. Déjà, c’est un joueur marocain et il est sélectionnable. Je m'intéresse à tous les joueurs. J’ai vu que Batna avait marqué, El Arabi aussi, je me tiens au courant de tout ce qui se fait. Adel est quelqu’un qui est peut-être l’un des plus grands joueurs de l’histoire du Maroc. Vous avez vu ses matchs, il s’est métamorphosé ! Il m’a dit qu’il était content d’avoir atteint ce niveau après le passage difficile au Benfica. Pour l’instant, j’ai simplement tenu à le féliciter. Quelle est la chose qui vous a fait le plus de mal depuis que vous avez été nommé sélectionneur du Maroc ? J’en ai déjà parlé, mais c’est oublié. Je suis heureux dans le métier que je fais. J’ai fêté ici mes 20 ans de carrière d’entraîneur et si on m’avait dit au début que ma carrière allait prendre cette tournure, je n’y aurais pas cru. J’ai encore envie de réaliser de grandes choses et ce qui se dit n’est plus important maintenant. J’espère que vous avez compris que je n’ai rien contre vous autres journalistes. Simplement, j’ai peut-être été trop silencieux pour me protéger. D’habitude, je suis quelqu’un de très ouvert, capable de discuter et d'accepter ses erreurs. J’ai un caractère fort, mais je ne suis pas têtu. Aujourd’hui, ma plus grande satisfaction est que vous soyez là face à moi et qu’on puisse discuter. Je sais ce que tout le monde attend et je partage les mêmes attentes. J’espère qu’on va réussir à atteindre les objectifs.

Source: lematin.ma

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