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"Sans la planche à billets, l'Algérie doit emprunter 20 milliards de dollars chaque année", estime Ouyahia

17 septembre 2017 11:50
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Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a présenté ce dimanche 17 septembre 2017 le plan d'action du gouvernement à l'Assemblée populaire nationale (APN). Lors de son discours, le chef du gouvernement a présenté ses arguments en faveur du financement non conventionnel, se voulant rassurant quant à l'efficacité de cette mesure face à la crise financière et son "impact positif sur les citoyens, l'Etat et les entreprises locales".

Ahmed Ouyahia a affirmé lors de son intervention que le refus de l'Etat algérien de recourir à l'endettement ou à l'emprunt extérieur n'est pas "uniquement dogmatique". "Les banques, publiques notamment, n'ont plus assez d'argent et pour pallier une défaillance de 2000 milliards de dinars du Trésor, l'Algérie doit emprunter 20 milliards de dollars chaque année auprès du FMI", a-t-il déclaré.

"Au bout de 4 ou 5 ans, l'Etat algérien sera ainsi dans l'incapacité de régler sa dette. Une conjoncture que nous connaissons pour l'avoir vécue", rappelle le chef du gouvernement, insistant sur "ses conséquences infernales sur le quotidien des Algériens".

Selon le Premier ministre, la dette auprès du Trésor public ne dépasse pas 20% du PIB. L'Algérie profiterait ainsi d'une marge de manoeuvre à la Banque d’Algérie pour demander des financements à un rythme serein.

M. Ouyahia a indiqué que les emprunts de la part du Trésor public auprès de la Banque d'Algérie auront un "impact positif direct" sur les citoyens, car ils permettront de "relancer ou d'achever des projets de développement humain gelés ou bloqués ces dernières années, et ce, dans plusieurs domaines dont ceux de la santé et de l'éducation".

De même, ces emprunts non conventionnels auprès de la Banque d'Algérie "permettront à l'Etat de continuer de fonctionner normalement sans devoir imposer aux citoyens de nombreux impôts nouveaux", selon lui.

Ouyahia a par ailleurs rassuré que le "financement non conventionnel ne causera pas la dévaluation du dinar". Il estime que ce recul de 25 à 30% par rapport aux devises étrangères ces trois dernières années est causé par la chute des réserves de change.

Il a également avancé que cette catégorie de financements aurait un "impact positif" sur les entreprises locales qui recouvreront leurs créances sur l'administration et pourront ainsi survivre et se développer, "alors que certaines autres PMI ont, malheureusement, été déjà acculés à la disparition".

Le SG du RND a également affirmé que le recours à la planche à billets épargnera à ces sociétés une nouvelle hausse des impôts dans le cadre du projet de loi des finances 2018.

"Face à cette crise financière importée de l'extérieur, le gouvernement a décidé de recourir au financement non conventionnel interne comme l'ont fait d'autres pays, développés, à la suite de la crise financière mondiale il y a quelques années", a rappelé M. Ouyahia, citant la Royaume-Uni ou les Etats-Unis à titre d'exemple.

C'est dans ce cadre que le gouvernement a déposé au Parlement un projet de loi portant amendement de la loi relative à la Monnaie et au crédit "pour autoriser la Banque d'Algérie à acquérir directement des titres qui seront émis par le Trésor", a-t-il ajouté, en notant que le Trésor public s'endettera pour financer les déficits du Budget.

Le Trésor "financera aussi le remboursement de ses importantes dettes vis-à-vis de la Société nationale des hydrocarbures (Sonatrach) ou des banques publiques engagées dans l'assainissement de Sonelgaz, de sorte que les banques publiques retrouvent des liquidités qu'elles utiliseront pour le financement de l'investissement économique", a détaillé le Premier ministre.

Ce financement exceptionnel sera limité à une durée maximale de cinq années, et sera "accompagné de réformes économiques et financières" pour rétablir l'équilibre des finances publiques ainsi que l'équilibre de la balance des paiements, a-t-il insisté.

Donc, l'Algérie va recourir "temporairement" à ce type de financement pour faire face à une crise financière qui dure depuis plus de trois ans induite par une grave chute des prix des hydrocarbures, a-t-il encore souligné.

Source: huffpostmaghreb.com

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